Rodin

 

Chaque être humain possède son âme-sœur. Au moment où l’homme est sorti comme une flamme, comme une étincelle du sein du Créateur, il était un, et ces deux parties se complétaient parfaitement ; chacune était la moitié absolue de l’autre. Ces deux moitiés sont maintenant séparées, chacune a pris une direction différente et elles évoluent séparément.

Si elles peuvent se reconnaître au cours de leur évolution, c’est que chacun porte l’image de l’autre dans la profondeur de son être, chacune a marqué l’autre de son sceau. Chaque être humain possède ainsi l’image de son âme-sœur au-dedans de lui. Cette image est très floue mais elle existe. C’est pourquoi chacun vient sur la terre avec cet espoir obscur qu’il rencontrera quelque part une âme qui lui donnera tout ce dont il a besoin et qu’il y aura entre lui et cette âme une harmonie, une fusion indescriptible. (…)

Malheureusement, très souvent, lorsque la première moitié s’incarne, l’autre ne s’incarne pas. Que se passe t-il donc quand nous avons la sensation de rencontrer notre âme-sœur ? De l’autre monde, elle pense à nous, elle désire notre bien, notre bonheur et grâce à ce lien mystérieux qui existe entre elle et nous, elle sent notre aspiration vers une vie supérieure, vers la beauté. Elle entre donc dans un être et apparaît devant nous durant quelque temps. Voilà pourquoi par exemple, une femme trouve soudain son bien-aimé dans un homme : son âme-sœur est entrée pour très peu de temps dans une maison terrestre, elle fait des signes à sa bien-aimée, lui envoie son amour sans que l’homme lui-même sache qu’il est ainsi habité. (…)

 

Deux âmes-sœurs sont donc tout l’une pour l’autre et aucun autre être au monde ne peut leur apporter la même plénitude. Donc, tous les êtres que vous avez rencontrés depuis le commencement de vos multiples incarnations, tous les maris ou femmes que vous avez eu, tous les amants ou maîtresses vous ont quittés parce qu’ils n’étaient pas pour vous. Vous avez peut-être été ensemble un moment mais comme un pot et un couvercle qui ne s’adaptent pas.

 

Tandis que deux âmes que Dieu a créées ensemble sont absolument faites l’une pour l’autre, rien ne peut les séparer et elles n’ont aucune crainte de l’être. Lorsque dans un couple, l’un ou l’autre a peur que l’on vienne séduire son partenaire, c’est que ce partenaire n’est pas le bien-aimé véritable, l’âme-sœur. Une femme aime un homme mais il part avec une autre ; un homme aime une femme mais elle l’abandonne…

Les âmes-sœurs au contraire se reconnaissent avec une certitude absolue et ne peuvent se quitter.

 

L’être humain rencontre son âme-sœur douze fois pendant ses réincarnations terrestres. Mais le plus souvent cette rencontre provoque la mort, parce que les conditions de l’existence s’opposent à la réalisation d’un amour aussi parfait, aussi absolu. La pièce de Shakespeare, Roméo et Juliette traite ce sujet de la rencontre de deux âmes-sœurs.

 

Omraam Mikhaël Aïvanhov, L’amour et la sexualité, Eds Prosveta